L’innovation, c’est quoi ?

On va donner un cadre à la notion d’innovation. Définition basique : “créer de nouvelles solutions au problèmes”. Si on ne cherche pas une solution, ici, on ne parle pas d’innovation. Une innovation peut être radicale (elle change nos vies) ou incrémentale (par exemple, amélioration de processus).

L’innovation plus radicale change “tout”. Prenons un produit : la bougie. On analyse pour trouver le besoin. On créé un nouveau système. L’ampoule a conduit au développement du réseau électrique. L’innovation devient radicale. C’est l’histoire qui le montre.

Le cadre de l’innovation

Aujourd’hui on voit typiquement la R&D comme centre d’innovation. La R&D c’est souvent un petite partie des cerveaux de l’entreprise. Il faut donc impliquer tout le monde, la R&D peut tester les idées de tout le monde. Typiquement, ce modèle d’innovation partagée est employé par 3M et Google. Ces entreprises on laissé respectivement 15 et 20% du temps des employés à faire leurs propres expérimentations. Google impose que 10% de ce temps soit utilisé en dehors du cadre de l’entreprise pour élargir l’esprit et ne pas rester limité à la culture d’entreprise.

L’entreprise dans laquelle l’orateur travaille a développé les jardins de l’innovation. Résultat : plein d’idées, aucune réalisation. Il faut se méfier du mythe de la grande idée. Il faut arrêter de penser qu’on veut garder secrète notre “très bonne idée qu’on risque de se faire voler si on en parle”. Quelqu’un aura peut-être l’idée en même temps et lui, il va la réaliser.

Culture : la culture du hacker

Cette culture, qu’on un peu tous puisqu’on fait de l’informatique, peut servir à hacker l’entreprise.

Hacker l’espace de l’entreprise : l’open-space, les tableaux (partout !) et la machine à café sont d’excellents moyens d’hacker l’espace. Mais c’est rarement une difficulté.

Par contre, hacker un processus est plus compliqué : il faut du temps et de l’argent. Le retour court-terme d’une innovation dans le processus est difficile à estimer, donc le gestionnaire est souvent frileux à son implémentation. On peut quand même trouver des petits moments pour étudier et bidouiller : on avance par petits pas. Mais le projet reste petit, le risque reste gérable, et on est en mesure de gérer les attentes (annoncer que le projet risque de ne pas marcher).

Le vrai avantage compétitif qu’on peut apporter, c’est l’apprentissage. Il faut apprendre à apprendre. On fait bouger le cadre de travail grâce à des moments qui permettent d’échanger et d’apprendre. Il faut aussi apprendre à échouer, car innover entraine souvent des échecs : Mistakes will be made (chairman de 3M).

Une bonne façon d’apprendre à échouer et à persévérer, c’est de jouer : il faut rendre le travail fun. Ceci amène au dernier point qui peut être hacké : l’aspect humain. Entre les années 50 et 90, on voulait de la “qualité totale”, c’est le rôle du champion dans la qualité. Le champion c’est la R&D, il est plus que probable que cette isolation casse les performances du champion.

Pour éviter ça, on mélange les gens avec d’autres qui veulent jouer. Des idées sont produites, “comme ça”. Une idée qui pousse “comme ça”, peut devenir une réponse à un besoin dans un cas encore inconnu au moment ou l’idée pousse.

Avec une série d’expérimentations, on peut obtenir des métriques de succès et créer un cadre d’innovation.

Conclusion

Mince, la conclusion c’est une image… et “Petits pas + Culture de bidouille = Hacker l’entreprise”.

Bibliographie : Scott Berkun “The Myths of Innovation”

Questions et réponses

Est-on dans un bon cadre -en France- pour innover ?

R: euh… j’en sais rien (ndlr: l’orateur est un français expatrié au Canada). Probablement, car le français est plutôt “frondeur”, à condition d’avoir des chefs pas trop…

Métrique du succès de l’innovation ?

R: Disons qu’en moyenne c’est le “110-1”: 90 idées sur 110 sont à jeter, mais c’est toujours un peu difficile de présenter une métrique comme ça.

Tu penses quoi de 37signal ?

R: Cette entreprise américaine est assez innovante, ils ne se définissent pas comme l’entreprise qui va battre l’autre mais celle qui sera “l’anti” (de Microsoft project). Je trouve que 37signal est quand même un peu trop dogmatique : une grosse recette, ça ne marche pas avec tout le monde : pas de meetings, pas de ça, toujours comme ça. Je suis partagé.

Le modèle français c’est souvent à coup de subventions publiques, et là, on apprend que le statut jeune entreprise innovante. Qu’en penses-tu ?

R: Pour des projets de recherche, l’institution est importante et doit maintenir ses efforts. Mais bien souvent, c’est à celui qui est “titillé” de tenter quelque chose.